complications

Tout acte médical comporte un risque, aussi minime soit-il. Il est important avant d’envisager une intervention de chirurgie esthétique ou reconstructrice d’être informé(e) des risques possibles de complications. Ces complications potentielles peuvent être liées à l’anesthésie ou à l’acte chirurgical lui-même. Dans ce cas, il existe des complications immédiates (qui surviennent pendant la chirurgie, ou dans les heures ou jours suivant l’intervention et qui nécessitent en général un traitement en urgence) et les complications différées (qui apparaissent quelques jours à quelques mois après et pour lesquelles une intervention n’est pas toujours nécessaire).

Complications immédiates

Il faut noter qu’inconfort et douleur sont constants, mais avec une intensité et une durée très variables selon la nature de l’intervention pratiquée et selon les patients. Il peut en effet s’agir d’un simple inconfort de quelques jours nécessitant de légères précautions post opératoires ou d’une réelle douleur avec une limitation des activités habituelles. Un traitement antalgique systématique est toujours institué en post-opératoire et adapté à la douleur ressentie.

Les complications immédiates ou précoces possibles sont les suivantes :

  • Saignement : extériorisé (hémorragie) ou non extériorisé (hématome) ce saignement est dû à un ou plusieurs vaisseaux sanguins qui se mettent à saigner après l’intervention. Il faut différencier un hématome des ecchymoses (bleus) classiques et normaux après une intervention.
    Une hématome se traduit cliniquement par une zone plus gonflée et tendue (car remplie de sang), des douleurs et parfois un écoulement de sang par la plaie opératoire. Ce saignement peut alors nécessiter une reprise de l’intervention pour arrêter le saignement (hémostase) et évacuer les collections de sang. Pour réduire ce risque, l’aspirine et tous les médicaments anti-inflammatoires doivent être arrêtés 10 jours au moins avant l’intervention.
  • Complications thrombo-emboliques : il s’agit d’un caillot formé dans une veine d’une jambe et réalisant une thrombophlébite profonde (phlébite surale) ou de la migration de celui-ci dans les poumons, réalisant une embolie pulmonaire. Les complications thrombo-emboliques sont favorisées par une intervention longue, le surpoids, la prise de contraception orale et le tabagisme. Leur prévention consiste en le port de chaussettes de contention pendant et après l’intervention et parfois l’utilisation de bas à compression intermittente (CPI) lors d’une intervention à risque. Une anticoagulation préventive sera éventuellement instituée par l’anesthésiste en fonction du risque évalué. Une mobilisation rapide après l’intervention permet de limiter les risques de complications thrombo-emboliques.
  • Pneumothorax : cette complication très rare consiste en la présence anormale d’air dans la plèvre thoracique (qui est une membrane contenant un espace virtuel entre le poumon et la cage thoracique). Un pneumothorax peut survenir lors d’une intervention de chirurgie mammaire ou thoracique ou lors d’une lipoaspiration abdominale ou thoracique. Les signes cliniques seront alors une douleur thoracique, une difficulté à respirer et une diminution du taux d’oxygénation. Le diagnostic sera confirmé par une radio thoracique et éventuellement un scanner thoracique. Le traitement pourra consister en une surveillance simple ou en la pose d’un drain thoracique, habituellement réalisée par l’anesthésiste réanimateur.
  • Perforation digestive : cette complication exceptionnelle est possible lors d’une abdominoplastie ou lors d’une lipoaspiration abdominale. Il s’agit de la perforation accidentelle du tube digestif se manifestant par des douleurs abdominales violentes, un abdomen très dur au toucher et un arrêt du transit avec éventuellement des vomissements. Une réintervention en urgence est alors nécessaire et sera réalisée avec un chirurgien viscéral, spécialisé en chirurgie digestive.
  • Embolie graisseuse : exceptionnelle, il s’agit de l’obstruction de vaisseaux par de la graisse lors d’un lipofilling de fesses. Le pronostic dépend essentiellement de l’obstruction éventuelle des vaisseaux pulmonaires et cérébraux. La prévention consiste en la bonne pratique du lipofilling fessier de manière sous cutanée et non intramusculaire.

Complications différées

Les complications différées peuvent nécessiter un traitement impératif (pour des raisons médicales ou pour éviter une complication ultérieure encore plus grave) ou avoir un traitement dont le but sera seulement l’amélioration esthétique du résultat. Il peut s’agir alors de retouches ou dans certains cas de reprise complète de l’intervention.

Les complications pouvant nécessiter un traitement médical sont les suivantes :

  • Infection du site opératoire : une infection du site opératoire se manifestera par une douleur, une rougeur, une chaleur du site et parfois par de la fièvre. Le diagnostic reposera sur l’examen clinique mais un bilan biologique pourra être réalisé pour confirmer le diagnostic. La plupart du temps, un traitement antibiotique sera suffisant mais parfois une ré-opération pourra être nécessaire. Concernant le cas particulier des prothèses (de sein, de fesses ou autre), il est important de savoir que lorsqu’une infection concerne un implant ou un matériel étranger mis en place dans l’organisme, son traitement oblige le plus souvent à l’enlever. Il peut alors être possible de rester plusieurs mois sans prothèse d’un côté si une infection a nécessité de retirer l’implant.
  • Epanchement lymphatique (sérome) : plus fréquent dans les interventions qui comportent des décollements importants de la peau, il s’agit d’une accumulation de liquide lymphatique au niveau du site opératoire. Un sérome se diagnostique par la présence de liquide au niveau de la zone opérée et peut nécessiter une ponction au cabinet. De manière exceptionnelle une ré-intervention pourra être nécessaire.*
  • Troubles de la cicatrisation : en cas de mauvaise oxygénation des tissus opérés à cause d’une tension excessive, d’un hématome, d’une infection ou d’un tabagisme, la cicatrisation des tissus ne se fera pas correctement. Dans ce cas, la cicatrisation peut être retardée et la peau peut présenter une nécrose cutanée (mort des tissus cutanés). Le traitement consistera le plus souvent en pansements gras pour favoriser la cicatrisation (cicatrisation dirigée) mais une ré-intervention peut être nécessaire pour enlever la nécrose et empêcher une infection.
  • Concernant les implants mammaires, certaines complications spécifiques peuvent nécessiter une reprise opératoire : une coque, une malposition de l’implant, un sérome tardif ou une rupture de l’implant peuvent nécessiter une intervention ultérieure.

Les complications ne nécessitant pas obligatoirement un traitement ou une ré-intervention sont les suivantes :

  • Modifications de la sensibilité : à type d’engourdissement ou d’insensibilité, ces modifications sont fréquentes et disparaissent en général en quelques jours ou semaines. Il faut savoir que la ré-innervation complète s’effectue en 18 mois et qu’il faut donc attendre ce moment pour faire le point sur la récupération de la sensibilité.
  • Troubles de la cicatrisation : les cicatrices peuvent être plus larges, plus épaisses (voire chéloïdes), hyper ou hypopigmentées ou encore rétractiles.
  • Imperfections de résultat : il peut s’agir d’un malentendu sur le résultat à atteindre (qu’il s’agisse de la taille ou de la forme des seins ou du nez), d’une asymétrie du résultat, de cicatrices trop visibles, d’insuffisance de correction du résultat initial, d’irrégularités et d’excès de peau ou de graisse résiduels, de la présence de « vagues » dans le cas des implants mammaires…

Dans tous ces cas, il sera impératif de discuter avec votre chirurgien des risques et des bénéfices à réaliser une reprise ou une retouche, car une deuxième opération peut toujours elle aussi donner lieu à des insatisfactions et, dans certains cas, il vaudra mieux tolérer une imperfection que risquer de dégrader le résultat.

En ce qui concerne l’anesthésie, lors de la consultation pré-opératoire, le médecin anesthésiste informera lui-même le patient des risques anesthésiques. Il faut savoir que l’anesthésie induit dans l’organisme des réactions parfois imprévisibles, et plus ou moins faciles à maîtriser : le fait d’avoir recours à un anesthésiste parfaitement compétent, exerçant dans un contexte chirurgical programmé fait que les risques encourus sont devenus statistiquement presque négligeables.

Il faut savoir, en effet, que les techniques, les produits anesthésiques et les méthodes de surveillance ont fait d’immenses progrès ces vingt dernières années, offrant une sécurité optimale, surtout quand l’intervention est réalisée en dehors de l’urgence et chez une personne en bonne santé.

Contact / Rendez-vous